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10 juillet 2010 6 10 /07 /juillet /2010 19:13

Dans une haute tour à l’allure de PISE se tenait perché notre roi-crapaud.

Là, au milieu de choses innombrables toutes de brillances lustrées,

l’animal semblait inaperçu tant cet univers écrasait de splendeur.

Mais c’est ainsi que le batracien à la parure des marais aimât à se montrer et à se voir surtout.

Il passait un temps certain à se mirer devant son image royale,

tant il se trouvait beau dans son habit de monarque à la couronne posée.

Pour une grenouille sans nul doute.

Or, en ce jour qui débutait, notre personnage avait un comice avec sa gloire  : il rendait la justice.

Ce mémorable sur son trône avait jugé bon de laisser sa trace au mémorial

en se faisant un Salomon.

Ainsi, prenait-il à cœur de trancher les questions à coups de sceptre abaissé,

et qu’importait s’il parvenait à mettre contre lui les justes et les éprouvés.

Car, sur les conseils avisés de son coquin de cochon,

le roi payait son service au prix fort, moins la part du porcin.

À ceux qui ne pouvaient le prix versé,

il leurs était permission de donner à la mesure de leur moyen,

moins, bien sûr, les bonnes grâces du souverain.

À ceux qui leurs était facile de remettre la valeur exigée,

il leurs était conseillés d’en donner plus,

pour satisfaire encore plus les faveurs du souverain.

Quant à ceux qui s’exclamaient indignés de verser cette dîme au seigneur de tous ces sujets,

le gras cochon répondait qu’il fallût bien pensionner cette noblesse au prix de son service.

Des crocs bien acérés et des yeux de fureur affichée,

par ces loups à la garde prétorienne de cette altesse,

achevaient de convaincre les plus réservés.

Pour cette aventure, notre crapaud se rendait sur son trône tout de parure vêtu.

Le voici, drapé de sa pourpre aux écailles de dentelles cousues,

portant en fierté affichée le bâton royal et la couronne.

Sur ce chemin, suivaient en procession la haute et la basse cour.

Le crapaud-roi voulait ainsi apparaître devant tous ses gens,

leur rappelant la grandeur de leur maître, malgré sa petite taille montrée.

Or, voilà qu’une gêne subite issue de son corps

vînt troubler le contentement de notre majesté en mouvement.

Il n’y prêta aucune attention, le temps était à son ravissement d’afficher ainsi son pouvoir.

Sa modeste chair ne pouvait l’en priver ainsi.

Il se posa donc sur son trône avec son meilleur ami l’escabeau,

élevé au rang d’égal tant son service était grand.

Et notre crapaud de Salomon put commencer son office.

Mais… il n’eut point à l’exercer longtemps avant que son trouble ne se rappelât à lui.

Le héros de cette aventure n’en eut cure et balaya l’importun.

Seule comptait à ce moment son action cultivée.

Rien n’y fait, et n’en déplaise à notre personnage, il en fut incommodé.

Il résista cependant, continuant sans relâche la poursuite de sa charge.

Sa contrariété continua, se faisant plus insistante.

Voilà notre crapaud, par cette gêne poussée, ne cesser de se dandiner sur son royal siège

à tenter d’empêcher l’irréparable.

Cette fois la chose était grave, car le juge n’était plus à son exercice,

et l’assemblée s’en avisa, sans en faire part à leur altesse.

Car, avec celui-là, il n’était point bon de le troubler par de vaines questions.

Le combat continua avec fureur cependant.

Plus poussé à la faute que jamais, notre crapaud s’accrochait à son trône avec la rage du désespoir.

À la fin, il céda à l’exigence de son petit corps vérolé.

Dans un ultime désespoir, il renvoya tous ses gens par la force de son autorité de roi,

laissant là tomber le bénéfice de son service.

Et le gras cochon, plus désespéré encore, dû rendre les prix tant demandés.

Une fois seul, voilà le batracien abandonnant là couronne, sceptre et habit de pouvoir,

pour se jeter au bas de son trône et sautiller comme la bête habillée de vérole qu’il était.

Il se mit en quête de retourner dans son marais de naissance

où il savait y rencontrer un coin solitaire pour y faire son affaire.

Ce faisant, le voilà enfin soulagé de tant de contraintes,

et nous aussi d’ailleurs devant ce malheureux faisant face à cet appel de Mère Nature.

 

Que retenir mes frères de cette histoire des plus étranges.

À voir ainsi ce royal personnage perdre sa superbe par son corps trahissant,

il me vient un constat qui vous convient de prendre comme il vient.

Apprenez donc princes, consorts et souverains sujets, qu’une fois arrivés sur le trône,

nous restons tous pareils.

 

 

 

 

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Published by Jehanne des Rivières - dans Fables
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commentaires

nadia-vraie 17/07/2010 21:44


Bonjour Jehanne,il est beau ton conte et en plus tu l'as fait en vidéo.bonne journée et merci de publier dans ma communauté.


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